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Depuis si longtemps

eels

( ♫ ) Eels – The Look You Give That Guy [mp3]

Je ne dors plus. Comme d’habitude. Ces va-et-vient incessants, ces flux de pensées migratoires instables et envahissants. Cela fait tellement d’années, que mes maux sont devenus normes, que mes plaintes sont devenues palabres, que les paroles sont devenues antiennes. « Prends donc des somnifères » me conseille-t-on.

Putain, et quand j’ai envie de chialer tellement fort que mes seules mains ne pourront être assez larges pour contenir tout mon désarroi, quelle pilule dois-je prendre pour faire disparaître toute cette peine, toute cette haine ? Et lorsque mes propres entrailles sentiront le frisson de ma souffrance, quel cachet sera assez fort pour me rendre ma paix ? Qui restera à mes côtés lorsque je les aurais tous rejetés ? Ceux qui comptent. Pour l’instant.

E. lui au moins, sait de quoi je parle, connaît ces propres chemins qu’il sillonne lui-même depuis si longtemps. Sur ces routes abîmées par le temps, on s’est croisés parfois. Je l’ai même compris parfois. On s’est salués, puis je me suis retourné. Pour penser à toi. Qui me hante la nuit. Qui me hante le jour. Toi, qui a fait de moi ce que je suis.

“The Look You Give That Guy” disponible sur l’album Hombre Lobo
Sorti le 1 juin 2009 sur Vagrant.
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travaux

( ♫ ) Mates Of State – The Re-Arranger [mp3]

Il était temps. Première étape de nombreuses à venir, le changement de nom de domaine est essentiel. Prochaines étapes : quitter WordPress.com, serveur, un CMS tout neuf, m’atteler au design et à l’ergonomie visuelle – et parmi les résolutions, je peux peut-être faire passer : poster plus souvent, arrêter de geindre, apprendre à faire des photos. Tout un programme.

Depuis la petite année d’existence d’Au Bout Du Chemin, les choses allaient et venaient un peu au gré des envies. Au gré de la facilité aussi. Et puis les choses commencent à grandir tout doucement, et des lecteurs arrivent, viennent, puis restent. Et les billets s’enchaînent, à un rythme plus ou moins régulier, mais ils arrivent. Alors la nécessité devient évidence. Alors on va devenir un bon blogueur. Pour moi. Et aussi un peu pour vous.

Il était temps de reprendre les choses en main. Au Bout Du Chemin… devient auboutduchemin.net. Mettez à jour vos blogrolls.

[© illustration]

phoenix

► Phoenix – Lisztomania (Brooklyn brat pack mashup)

Aujourd’hui, je déroge à ma règle. Pas de MP3, mais une vidéo. LA vidéo.

J’aurais pu parler de Phoenix. J’aurais pu parler du Breakfast Club. J’aurais pu parler du symbolisme intrinsèque que recèlent ces deux icônes pop si proches en nature de ces vingt dernières années. J’aurais pu évoquer le devenir de la pop, la bulle increvable que furent les années quatre-vingt. J’aurais pu parler d’à peu près tout.

Mais tout cela s’estompe au fur et à mesure que je re-visionne cette fabuleuse vidéo, et je n’ai plus envie de parler de rien. Juste ressentir. Un moment d’allégresse infini. Une grâce issue d’une innocence transmise à merveille. Sur ces toits, le poids du monde semble oublié. Sur ces pas de danse, une improbable étendue de souvenirs, de peines et de joie. Par-delà les codes de l’époque, seule la jeunesse prévaut. Elle seule permet d’occulter aussi fermement l’oppression du monde alentour. Sur ces toits s’illuminent nos plus frêles idéaux, deviennent fondamentales et imperturbables.

Une jeunesse glorifiée, enfermée dans le cliché naïf d’un Breakfast Club aujourd’hui culte, car en perdition. Le monde d’aujourd’hui danse sur Phoenix aux grés de chorés désuètes, aux rythmes de principes perpétuels qui de plus en plus, se dérobent à moi. Vaine et essentielle, la jeunesse est éternelle. Et l’on s’en éloigne chaque jour un tout petit peu plus.

“Lisztomania” disponible sur l’album Wolfgang Amadeus Phoenix
Sorti le 25 mai 2009 sur V2 Records.
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Ce que l’on est

ryanleslie

( ♫ ) Ryan Leslie – Addiction (ft. Cassie) [mp3]

Plus d’un an après la création de ce blog, je m’aperçois qu’il s’agit bien de la première chanson labellisé r’n’b. Autrement dit, depuis un an, pas une fois l’envie m’est venue de parler d’une chanson purement ou vaguement connotée r’n’b. C’est tout de suite plus étonnant quand l’on s’en rend compte.

Il n’est non pas étonnant pour un amateur de pop de ne pas s’acoquiner avec le r’n’b, genre parfois même honni par la populace indie. Ce qui est étonnant, c’est que moi, je n’ai pas eu d’accroche avec un titre de r’n’b depuis Pharell et Justin. Moi qui dans un passé pas si lointain arborait fièrement dans mon lecteur mini-disc Craig David, Usher ou K-Ci & Jojo. Moi qui ai grandit avec du rap dans les esgourdes, du r’n’b en chantonnement.

J’avais presque oublié que je pouvais encore me laisser prendre par ces voix languissantes et langoureuses. Jusqu’à ce sensuel et voluptueux “Addiction” de Ryan Leslie et Cassie. On ne transcende jamais vraiment ce que l’on est.

“Addiction” disponible sur l’album Ryan Leslie
Sorti le 9 février 2009 sur Universal Motown.
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Comme des hommes

crystalantlers

( ♫ ) Crystal Antlers – Memorized [mp3]

Je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre en allant voir Crystal Antlers en concert. L’album Tentacles était bien sûr étonnant et par moment saisissant, mais demeurait assez opaque, pas forcément représentatif d’une prestation d’un groupe qui se révèlera être d’une flamboyance magnifique.

“Putain, j’assiste à quelque chose qui me dépasse”. Je l’ai beaucoup pensé. Très fortement. Et cela ne m’arrive pourtant pas souvent. Entre les percussions kabbalistiques, les guitares noisy et la voix éraillée, criante, suppliante et emphatique de Johnny Bell, Crytal Antlers se mue en un catalyseur mirifique d’une énergie inépuisable.

Imaginez la puissance d’un TV On The Radio couplé à un esprit grunge quasi-nihiliste. Imaginez un rock mélodieux, désabusé mais glorieux. Imaginez l’apocalypse. Les desseins d’une fin du monde programmée. La fin. Où l’espoir croulerait sous la fatalité. Intransigeant car clairvoyant, Crystal Antlers ferait face comme des hommes. Putain.

“Memorized” disponible sur l’albumTentacles
Sorti le 06 avril 2009 sur Touch & Go.
Voir les photos de Crystal Antlers au Point FMR [photos]
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Duper le présent

thejoyformidable

( ♫ ) The Joy Formidable – Whirring [mp3]

The Joy Formidable fait un peu le même effet que The Pains Of Being Pure At Hearts. Une musique vive et enlevée, outre-datée, mais joué à merveille et avec entrain par une bande de jeunes musiciens passionnés et trop innocents pour laisser paraître un vil plan revivaliste. Que l’on croit.

Si les Gallois partagent avec leurs homologues américains cet anachronisme étonnant, les Joy Formidable laissent plus aisément aller et venir leurs riffs détonants, pour laisser exploser des refrains construits telles des montagnes russes. Ce qui étonne cependant chez eux est pourtant cette urgence palpable, cette sensation d’instabilité contrôlée. Les Joy Formidable donnent cette image d’une horloge tournant bien trop vite.

Ils se hâtent de peur de tout manquer. Ils s’empressent pour ne pas voir que les choses changent irrémédiablement. Les Joy Formidable courent et tentent de duper le présent avec des armes d’hier. Pourtant il est déjà trop tard. Et ça, ils le savent déjà.

“Whirring” disponible sur l’album A Balloon Called Moaning
Sorti le 17 février 2009 sur Pure Groove.
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Les mots sont tout

iainarcher

( ♫ ) Iain Archer – Everest [mp3]

Les mots sont tout. Je ne sais plus qui a bien pu dire que les mots sont inutiles. Probablement plein de gens. Des gens qui n’aiment pas les mots. Des gens qui les adorent, qui ne vivent que par eux. Les mots sont inutiles, il est vrai. Jusqu’au jour où l’on trouve de ces mots que l’on ne peut dire. Que l’on n’ose prononcer. Ces mots, engagent plus que le plus significatif des gestes. Ces mots, lient jusqu’au plus profond de nos entrailles. Ces mots, ce sont ceux qui attestent de la fragilité de notre sincérité.

« Hold my hand, don’t look back ». Six mots qui parlent et crient autant que le pamphlet le plus réfractaire. Malgré huit minutes sublimes de folk délicate et maîtrisé par un Iain Archer sur “Everest”, un sommet infini, ce seront ces quelques mots, inépuisables, universels, qui seront les témoins de cet instant éternel où six petits mots peuvent changer une vie. Enfin, deux vies. Les mots sont tout.

“Everest” disponible sur l’album To The Pine Roots
Sorti le 23 mars 2009 sur Black Records.
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brakes

( ♫ ) Brakes – Crush On You [mp3]

Certaines choses bénéficient d’une telle aura, jouissent d’une telle renommée, que la simple mention de leur dénomination ne permet même plus la simple notion de doute. Dans le domaine du rock, où chacun est désormais habilité à penser exactement ce qu’ils veulent de tout et n’importe quoi, n’importe où et à n’importe quel moment. Les « géants » contemporains, de ceux qui font l’unanimité sont bien rares. Et fort heureusement.

La seule mention du fait que ce “Crush On You” des Brakes sonne comme du Pixies, lui permet déjà d’être au-delà de la barrière de l’objectivité, en lui donnant une contenance, parfois fallacieuse, mais pourtant bien réelle. Si les comparaisons et les étiquettages ne font pas souvent assez honneur, j’ose à penser que celle-ci est tout simplement la plus naturelle et la plus flatteuse que l’on puisse faire aux Brakes.

Néanmoins, au sein d’un album éclatant et hétéroclite, cette chanson était la plus notable, non pas parce qu’elle sonnait comme du Pixies ; mais bien parce qu’elle est radicalement efficace. Les Brakes s’affranchissent d’une paternité évidente tout en gardant leur aura protectrice. Debout sur les épaules d’un géant.

“Crush On You” disponible sur l’album Touchdown
Sorti le 20 avril 2009 sur Fat Cat.
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jonhopkins

( ♫ ) Jon Hopkins – Wire [mp3]

La légèreté des violons parviendra toujours à gagner mes faveurs. Leurs amplitudes, leurs liesses, leurs pouvoirs d’extrapolations. La réhabilitation des violons dans le pop-rock est d’ailleurs probablement l’une des plus belles choses qui soit arrivée à la musique populaire contemporaine – en toute subjectivité.

Jon Hopkins, au sein d’un superbe album Insides, à la rencontre entre placidité et brutalité, lâche ce “Wire” foudroyant d’immédiateté, s’envolant de ses plus belles ailes vers des atmosphères jubilatoires. Ces montées synthétiques, croisées entre sonorités violonistes et pianistes, insufflent une vivacité et une agitation bien trop étrangement familier.

Ces vibrations rythmant “Wire”, ce sont ces mêmes simagrées poignantes que l’on retrouve dans les allées et venues des rencontres entre archet et violon. Ces va-et-vient, ces mouvements incessants, cette panique régulière que l’on connaît si bien. Ne les sentez-vous donc pas ? Ce sont pourtant les échos mêmes de nos palpitations les plus intimes.

“Wire” disponible sur l’album Insides
Sorti le 4 mai 2009 sur Domino.
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Un terrain de jeu

juanmaclean

( ♫ ) The Juan MacLean – One Day [mp3]

On peut dire que “One Day” part de loin. L’ambiance se veut pesante, voire même inquiétante. Difficile à partir de là de se dépêtrer pour sortir un semblant mélodique groovy et dansant. Le beat se pose et s’implante, et l’on craint de ne pas décoller ; le chant strict de Nancy Whang n’arrange pas tellement cette appréhension.

Les choses décollent finalement sans même que l’on s’en rende compte. Le chant de MacLean compense, la trame mélodique se densifie tandis que le rythme s’intensifie. L’on se surprend même à prendre conscience que ce sont les silences et le beat similaires du début qui rythment les montées, qui jalonnent à la longue cette chanson rendue bien plus complexe par son minimalisme.

Reposant sur l’indicible, le talent de The Juan MacLean revient à cette minutie oxymorique qui, évidemment, ne perd pas l’essentiel de vue. Par leur sens pointu du détail, ils parviennent à rendre un “One Day” fiévreux, en un terrain de jeu pour danseurs transi.

“One Day” disponible sur l’album The Future Will Come
Sorti le 20 avril 2009 sur DFA.
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