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Ils ne chantent plus

( ♫ ) Lindstrom & Christabelle – Baby Can’t Stop [mp3]

Et si Lindstrom et Christabelle venait de rendre l’hommage à Michael Jackson ayant le plus bel apanage jusqu’alors ? Entre les volutes rythmiques concoctées par Lindstrom se faufile surtout la beauté intrigante et tout en enivrement de Christabelle, que l’on avait connu sous le pseudo de Solale. « Baby Can’t Stop » est un bijou frivole et dansant où s’incarnent revival cosmic disco et funk sensuel, et semblerait pouvoir partir à tout moment d’une direction à l’autre.

Cet ébranlement de valeurs pré-établies n’avait plus été aussi ostensible depuis Hercules & Love Affair ; néanmoins, ici, Lindstrom semble totalement dévolu à sa bête envoûtante, sexuelle et désirable, incarné par une Christabelle jouant les pin-ups opaques, dévoilant une mélancolie sous-jacente aux effluves de dépravations du peuple qu’elle fait danser. Reine tragique au sein de son royaume hédoniste, elle est une idole d’un soir, égérie d’une nuit.

Ecoutez donc ces cris de cuivre. Ils ne chantent plus. Ils ne font que masquer notre insouciance.

« Baby Cant’ Stop » disponible sur l’album Real Life Is No Cool
Sorti le 27 janvier 2010 sur Feedelity.
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( ♫ ) Four Tet – Angel Echoes [mp3]

Il était une fille une fois. Elle était belle et solitaire. Elle était prude et frêle. Ce ne serait que mentir que d’affirmer que je l’aimais dès alors. Ce n’est venu que plus tard ; mais pas bien tard cependant. Ses manières et ses distances, ses petits gestes et ses méandres. Elle vivait dans son monde et n’y faisait entrer personne. Pas même moi, qui pourtant l’aimait comme un fou. Pas même moi qui l’aimait probablement plus que tout.

Elle vivait un drame, je le voyais bien. Mais tout ce que je pouvais ressentir, c’était cette attirance. Je ne voyais que par elle. Je ne sentais que son odeur. Je ne vivais que pour elle. Et son monde. Et son mal-être. Et ses larmes. Mon cœur vibrait tandis que son univers semblait s’écrouler à chacun de ses pas, à chacun de ses émois. Moi, je m’en foutais. Je l’aimais.

Cela faisait un temps signifiant et nous n’étions toujours que deux inconnus ; à nous raconter nos vies, mais à éviter nos tragédies. Alors, son univers devint mien, sa fragilité fut mienne, comme un moyen de la rejoindre enfin dans le chaos de nos déchéances. Puis un jour elle fut heureuse, tandis que les échos d’« Angel Echoes » n’ont de cesse de me tourmenter, me lacérer, me rappeler de ce monde rêvé que je m’efforce d’oublier. Moi, je m’en fous pourtant. Je l’aimais.

« Angel Echoes » disponible sur l’album There Is Love In You
Sorti le 25 janvier 2010 sur Domino.
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Votre remarquable niaiserie

( ♫ ) Lawrence Arabia – I’ve Smoked Too Much [mp3]

Il était assez drôle de voir évoluer les Lawrence Arabia sur scène. Une bande de barbus, aux allures rustres, venaient nous chanter de sympathiques et légères – très légères – chansons aux substances purement régressives. Les Néo-Zélandais n’en ménagent néanmoins pas les contours de leurs compositions, des arrangements minimes mais efficaces, jusqu’aux chœurs et leurs aigus ensoleillés.

James Milne faisait parti des Ruby Suns, et ça sent ; il est également fan des Beach Boys, et ça s’entend. Il y a une chaleur singulière qui s’échappe de chaque œuvre juvénile, comme lorsque l’on se met à humer le sable chaud, ou que l’on se met à courir les vêtements au vent, contre la pluie battante. Ce sont des réminiscences, des souvenirs intenses qui s’enchaînent et qui se lamentent, les uns après les autres, de n’être remontés que bien trop rarement.

En cela, aimer Lawrence Arabia est un assez bon indicateur. Car si tel est le cas, grande chance est que votre remarquable niaiserie ne vous quittera plus. Pour le meilleur.

« I’ve Smoked Too Much » disponible sur l’album Chant Darling
Sorti le 18 janvier 2010 sur Cooperative Music.
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Nous sommes des araignées

( ♫ ) Spoon – Got Nuffin [mp3]

Spoon est immuable, pensé-je. Même avec un Transference en demi-teinte, Spoon est indéfectible, contemplé-je.

Il est toujours satisfaisant de pouvoir compter sur certaines choses essentielles. Celles qui nous font tenir, celles qui nous soutiennent, qui deviennent à la fois nos fardeaux et nos filets salutaires. On pourrait se croire assez téméraire pour ne tenir à rien, ne dépendre en rien, et pourtant, ces choses que l’on croit immuables, une fois évanouies, le monde pourrait s’effondrer que l’on resterait figé et prostré, à tenter de comprendre comment on a bien pu en arriver là.

Néanmoins, tant que ces repères persistent, l’illusion d’équilibre nous conviendra toujours. Sans jamais se poser de questions, pour ne pas provoquer le chamboulement de cet exercice funambuliste. Cela en deviendrait presque une question de foi, comme une croyance intime détachée du savoir du monde, irréel car infondé.  Survivants d’un monde rude, nous sommes des araignées, parcourant nos toiles invisibles, aussi fragiles et impénétrables que le silence d’une nuit.

« Got Nuffin » disponible sur l’album Transference
Sorti le 25 janvier 2010 sur Merge.
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Top 50 albums 2009

Mes 50 meilleurs albums de l’année 2009.

On aura entendu de toute part que 2009 fût une année pourrie musicalement. Je l’ai pensé à un moment. Puis en faisant mon bilan annuel, je me suis rendu compte que nombre de bonnes choses seront venues illuminer ces derniers mois. Néanmoins, il aura manqué la grande révélation, le fou tourbillon que l’on ne combat pas, la folie irrationnelle dans laquelle on sombre sans se poser de questions…

Il y aura eu les déceptions, forcément. Et l’on s’y habitue à force. Mes envies ont peut-être changé depuis les dernières rencontres d’avec ces groupes qui m’avaient donné tant de plaisir. Je sais enfin de compte pourquoi je m’obstine chaque année à passer des heures à faire quelconque classement. C’est un peu pour vous. Mais c’est surtout pour moi ; pour me permettre de constater et réfléchir sur ce que j’aime vraiment. Aujourd’hui comme demain.

J’espère ainsi un jour savoir ce que je veux vraiment. J’y arrive. Tout du moins, j’y travaille.

Voir mes 50 meilleurs albums de 2009…


A lire également :
- Top 50 Singles 2009
- Mes 10 meilleurs moments musicaux de 2009
- Top 50 Albums 2008
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Top 50 singles 2009

Mes 50 meilleurs singles de l’année 2009 en écoute.

De nouveau une année qui s’écoule et un triste constat s’appose à moi : je n’écoute presque plus de rock. C’est un peu comme se rendre compte qu’une longue amitié s’est effritée à tel point qu’aujourd’hui, nous n’avons plus rien à partager, si ce n’est des bribes, si ce n’est quelques luminosités brèves, mais heureusement persistantes.

J’ai également pu me rendre compte que j’avais beaucoup dansé (en secret, n’allez pas vous imaginer n’importe quoi), peut-être pour pallier ou occulter des manques. Quoiqu’il en soit voici mes meilleurs singles de l’année écoulée, entre plaisir immédiat et témoins précieux d’une époque brumeuse.

Et vous, qu’avez-vous écouté cette année ?

Voir mes 50 meilleurs singles de 2009…

A suivre demain : le Top 50 Albums 2009.


A lire également :
- Top 50 Albums 2009 (à venir)
- Mes 10 meilleurs moments musicaux de 2009
- Top 50 Albums 2008
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Mes 10 meilleurs moments musicaux de l’année 2009.

En guise d’introduction aux traditionnels classements de fin d’année, voici le classement le plus subjectif qu’il soit, car je m’en vais retracer en dix points mon année musicale 2009. Temps forts d’une année qui, dans l’ensemble, se seront déroulés en dehors du cadre réducteur de la matérialité de la musique.

En un sens, on pourrait interpréter cette liste de moments comme une liste d’autant de raisons pour laquelle je ne pourrais devenir critique musical (dans le sens donné par les détracteurs de projets collaboratifs). Et tant mieux, car ce n’est de toute manière pas mon objectif. Je ne cesserai de voir la musique par ma propre existence, mes propres expériences et mes douleurs propres. Je ne pourrai m’empêcher d’associer les arts à ma vie, jouer des désordres de mes envies, délier les raisons de mes lubies.

Dix moments, œuvres, sensations en musique qui auront, chacune à leur manière, marqué le cours de mon existence.

Voir mes 10 meilleurs moments musicaux de 2009…

A lire également :
- Top 50 Albums 2009 (à venir)
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Un art qui l’est tout autant

« New York, I love you » week sur Au Bout Du Chemin 05/05

( ♫ ) ARMS – Kids Aflame [mp3]

Derrière la scène foisonnante hyper-médiatisée de New York, entre la hype Wesleyan (MGMT, Santogold) et les valeurs sûres de l’indie (Animal Collective, Grizzly Bear, Dirty Projectors), se font une place confidentielle une petite niche d’artistes, autant, voire plus, hyperactifs que leurs glorieux congénères. Des bas-fonds et bénéficiant indirectement de la lueur des spots d’à côté, on trouve notamment Todd Goldstein.

Son nom ne vous dira probablement rien, pourtant il s’agit bien là d’un des acteurs notoires de cette année musicale, ayant été guitariste du feu sensationnel projet Harlem Shakes, et également à la tête depuis quelques années de son groupe ARMS. Pas de révolution, pas de breakthrough inespéré. Non. ARMS est un groupe ordinaire, aux chansons occasionnellement formidables. Goldstein, génie prosaïque, d’un art qui l’est tout autant.

C’est d’ailleurs par cette réification que je vais clôturer cette année, car à partir de demain, les choses sérieuses vont commencer. « This time, it’s personnal ».

« Kids Aflame » disponible sur l’album Kids Aflame
Sorti le 29 octobre 2009 sur Gigantic Music
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La seule chose à faire

« New York, I love you » week sur Au Bout Du Chemin 04/05

( ♫ ) Zambri – Easier [mp3]

Il n’existe que deux façons de résoudre ses problèmes : leur faire face, et tout faire pour que l’issue soit inévitable ; ou bien les fuir, parfois en bonne et due forme, et dans de rares mais nécessaires cas « for the greater good ». Les traductions littérales « pour le plus grand bien » « pour le bien de tous » font toujours abstraction d’une notion à la fois de résignation et de lâcheté. Comme si la fuite face à ses responsabilités faisait office d’un sacrifice sans alternative.

C’est écouter Zambri au lieu d’écouter Vic Chesnutt ce soir. C’est se voiler la face et se réfugier dans un univers à part, un univers à soi, épuré et isolé, où les impératifs alentours cessent de nous parasiter. C’est fuir au loin de chez soi lorsque l’on demeure la source de tout conflit. C’est ne rien dire sur l’irrésolu, assumer la réalité des choses. Parfois, nous ne sommes plus les centres de nos mondes.

Agir « for the greater good » est toujours la chose la plus simple à faire. Souvent la seule chose à faire. Cependant, jamais n’est-elle la plus intègre.

« Easier » disponible sur l’EP Bang For Changes
Sorti le 6 octobre 2009 en autoproduit
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Il n’est rien de plus réel

« New York, I love you » week sur Au Bout Du Chemin 03/05

( ♫ ) Diane Birch – Fire Escape [mp3]

La pire chose dans la souffrance est de s’y faire, de ne plus s’en détacher. La peine, la douleur deviennent les seules attaches dans ce tourbillon de perdition. Il est si facile de ne vouloir lâcher prise, de s’encloisonner, de s’isoler à n’en plus vivre. Paradoxalement, on ne peut qu’être plus lucide que lorsque l’on se trouve au pied du mur.

On s’y fait à ces effluves de détresse, quand la misère et les regrets deviennent martyrs, que les tourments deviennent fatalités. L’on maîtrise alors enfin quelque chose, l’on a pied. Enfin. Cette quête de contrôle est naturelle, voire nécessaire, car si rare. Diane Birch l’exprime vainement, mais à merveille « When all that I can do is ache », tandis que ce timbre craquelle à en faire vibrer nos plus intimes fibres compassionnelles.

Ces émotions, si dures soient-elles, sont essentielles, car elles demeurent parmi les rares éléments nous appartenant encore. Il n’est rien de plus réel.

« Fire Escape » disponible sur l’album Bible Belt
Sorti le 19 mai 2009 sur S-Curve
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