( ♫ ) Judy And The Dream Of Horses (Belle & Sebastian cover) [mp3]
Je suis un imposteur. Je suis un faux érudit maniant bien les mots mais ne maîtrisant pas mes maux. Je prétends aimer la pop, le rock, le rap, l’électronica et consorts de genres. Je ne sais même pas de quoi je parle. J’idolâtre Arcade Fire, mais ai plus écouté Lady Gaga depuis le début de l’année. J’écoute de la merde, et prétend ne pas aimer ça. Je n’ai pas de goût, parce que tout simplement je n’y connais rien.
Je prétends être modeste, mais je tiens un blog. Où ne figure que des chroniques de moi. Qui ne parlent la plupart du temps que de moi. Je suis un romantique sans manières. Un idéaliste sans matière. Je suis vain et futile. Je fuis. Constamment et éperdument. J’écris pour ne pas avoir à m’exprimer. Les mots n’expriment pas la pensée. Ils la cachent, la couvrent, l’étouffe.
Je suis Kris. Je suis un imposteur.
Enregistré en 5min32 avec Audacity et un micro-casque de première qualité.
J’aime Belle & Sebastian.
C’est avec une semaine de retard que je fais écho à l’appel de l’apologie de l’épique « mauvais goût » lancé par certains congénères de par la blogosphère [1]. J’en vois grincer des dents. Tiens, mon flux RSS est un peu moins sollicité. Réaction épidermique tout à fait saine. Pourtant, là où vous ne voyez que midinette et frivolité, où vous n’entendez qu’agacement et paresse, j’y vois tout autre chose. J’y vois mes dernières années d’insouciance, et si vous les aviez connus, vous les regretteriez aussi.
De manière rétrospective, Avril Lavigne s’est mué au fil du temps comme un souvenir indissociable d’une période de ma vie où pour la première fois, je considérais le futur ; j’en avais une hâte et j’en avais une curiosité maladive. A vrai dire, je ne cherche même plus aujourd’hui à faire la part des choses, à considérer les causalités. Chercher à décortiquer objectivement “Complicated” se révèlerait ainsi pour moi, aussi invivable que de ressasser des choix devenus vestiges. Moi qui passe la plupart de mon temps à justement chercher et décanter le plaisir et l’objectivité.
A son écoute, c’est comme si les choses n’avaient jamais changé. J’y entends ce chant rythmé par une nostalgie dégouttée. Nous sommes toujours vivants et enthousiastes du monde. Nous sommes jeunes et plein de rêves. Nous sourions. Je suis toujours ce petit gars amoureux de cette égérie d’alors, mais probablement qu’aujourd’hui, je ne la reconnaîtrais même pas. J’ai toujours autant mauvais goût, et à vrai dire je n’en suis que plus heureux parfois.
“Mais qu’est-ce que tu lui trouves ?” Bien des années plus tard, je ne sais toujours pas quoi répondre. J’espère ne jamais le savoir.
Finissons donc cette semaine dédiée à l’electro-pop avec Sally Shapiro, artiste aux mille visages, devenue fruit de tous fantasmes, cible de tous émois, à l’existence avérée mais jamais vérifiée. Discrète et mystérieuse, Sally Shapiro cultive son aura secrète là où les reines de l’électro-pop joue la carte du kitsch jusqu’à la décliner à leur propre personnalité. On ne sait rien ou presque de la jeune Suédoise (pas de véritable interview, pas de concert), et c’est bien pour cela que je l’aime.
Elle est cette femme sans âge ni visage, ses peines sont miennes, ses joies sont vaines. Elle est l’amie que je n’ai jamais eue, celle qui assume mes mauvais goûts, et apaise mes dégoûts, celle qui me connaît par cœur et à qui je suis dévolu. Elle n’est rien, ni personne. Elle aime tout comme rien au monde. Elle saigne comme elle rit, elle pleure comme elle vit.
Elle est tout à la fois, et surtout, elle est celle que tu n’étais pas.
Il y a dix ans, on aurait appelé Washed Out de l’ambiant-electronica-pop. Aujourd’hui ce serait plutôt de l’électro-pop (ce qui tombe assez bien dans notre cas). Les appellations ont toujours été plus ou moins futiles. Les vagues d’influences, cependant, moins. Car Ernest Greene, l’homme derrière Washed Out, est l’une des influences directes de ce flot d’electronica insidieux dans les affres de mélodieux artistes pop. Greene produisit Memory Cassette et Neon Indian, qui eux-mêmes ont sorti le No Way Down EP de Air France qui eux-mêmes etc. La musique n’est jamais qu’un éternel recommencement.
Chez Washed Out, on cultive les rythmes en-dedans, les voix nébuleuses. On y aime surtout cette nonchalance relaxante, cette force tranquille, à la fois sûre de soi, mais jamais condescendante. “New Theory”, dans la lignée de tout ce mouvement, n’évolue que peu, et c’est bien là tout son principe et son ambiguïté. En ne variant que peu ou prou, Greene nous soumet aux problématiques de la perception. L’évolution est ainsi portée vers l’introversion, obligeant l‘auditeur, via cette si simple mélodie, sans intrusion, sans sophistication, à réfléchir sur la nature profonde du plaisir ; une quête sans cesse renouvelée.
Nous étions là. Nous étions heureux. Nous nous étions donnés rendez-vous près du point d’eau où nous nous étions connus. Dur sous un soleil de plomb, d’attendre à cet endroit découvert et sollicité. Pourtant tu es venue. Ton ombre est venue poindre au loin, me rejoignant, moi, et personne d’autre ce jour-là. Tu m’as rejoins et c’est tout ce dont j’avais besoin. Nous étions heureux.
Nous étions là. Je ne savais pas combien de temps nous sommes restés là, à nous fixer sans dire un mot. La distance s’est invitée, que nous ne l’avions même pas vu se faufiler. Entre nous. Vicieusement. Entre nous. Pour prendre la place de tout ce que nous avions partagé. Puis je suis parti. Il ne restait plus là que les photos de nous, reliques d’un passé oublié, témoins d’une période révolue. Nous étions heureux.
J’étais là. Je pensais à toi. A cet été permanent resté en suspens. C’est bête hein, mais quand j’écoute “Deadbeat Summer”, je reste allongé là, me demandant constamment, si nous existions vraiment.
Il n’y a bien plus guère que les jeunes groupes pour se lancer aussi éperdument dans l’exercice casse-gueule de la dance-pop tendance indie. C’est un peu comme déclarer pour la première fois sa flamme. Eperdu et persuadé de n’avoir rien accompli d’aussi fort. Ce que l’on aime chez Delorean, c’est cet élan presque brusque, presque désabusé. Les quatre catalans ne veulent en rien changer le monde, mais juste aller vite, se délectant des sensations résultantes.
Arguons donc. A quoi rime toute cette scène néo-dance-pop sévissant depuis l’année passée ? De Cut Copy à Calvin Harris, d’Air France aux Tough Alliance, que cherchent-ils tous à atteindre à nous faire danser ? Peut-être que la réponse est tout simplement dans la question. Peut-être que vingt ans plus tard, notre génération se posent les mêmes questions que leurs aînés ; puis les occultons de peur des réponses. Peut-être que le passé, ainsi que le futur, s’assombrissent de jour en jour.
Nous n’avons jamais autant dansé que lorsque le reste du monde s’effeuillait irrémédiablement en lambeaux. Nous n’avons jamais autant ri que lorsque le silence s’imposait ici bas. Notre génération est-elle en dépression ? Ou bien est-ce juste moi ?
Annie est revenue ! Une joie non feinte s’anime ainsi depuis le temps écoulé de la sortie d’Anniemal, en 2004. Annie est revenue, et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’on est très loin d’être dépaysé. Les adeptes continueront à prêcher, tandis que les allergiques continueront à déglutir à l’écoute de ces dégoulinements de kitchs eighties. Pourtant, en cinq ans, les choses ont quelque peu muté dans le paysage musical global.
Si à l’époque, Annie faisait office d’allumée anachronique, icône avec Robyn d’un folklore scandinave lointain, la deuxième partie de la décennie s’est transformée en ode éparse et confuse aux années quatre-vingt. Annie ne revient plus désormais comme exception, mais comme fruit du temps. Et pourtant, à l’écoute de “I Don’t Like Your Band”, l’on ne peut être que persuadé de la singularité d’Annie.
Avec ce brin d’ironie irrésistible, couplé d’un sens rythmique et stylistique marqué (« It’s not you, it’s not you, it’s your tunes », imparable), elle montre qu’elle ne pouvait évoluer autrement. Cette clairvoyance, ces questions futiles, ce développement exacerbés de sens habituellement réfrénés, sont tout autant de défauts que de qualités qui nous avaient bien manqué. Welcome back.
Bien que je n’aime pas l’album de Girls, à chaque fois, chaque écoute de “Laura” m’achève petit à petit. Morceaux par morceaux, une étape cruciale de ma vie défile, au ralenti, chaque détail apparaissant plus net que jamais. J’ai laissé et quitté tellement de gens. Je le regrette. Chaque jour. Mais je n’ai jamais pu faire autrement ; jamais su faire autrement. Partir. L’alternative s’avérant toujours bien trop compliqué.
L’on se retrouve constamment coincé. Une histoire d’œuf et de poule. Je ne reviens jamais en arrière, car il faudrait que je m’exprime. Je ne m’exprime pas, car je ne sais pas parler aux gens qui m’entourent. Et je ne parle pas, car je ne regarde jamais en arrière, je n’apprends rien de mes faux-pas. Ne vous méprenez pas sur le sens de ces mots . Je ne me cherche pas d’excuses.
J’imagine pourtant déjà de longues tirades où je parviens à me confondre en excuses à tous ceux que j’ai abandonné, que j’ai laissé mourir. Ou bien même quelques mots simples à la manière de Girls. Je fantasme déjà sur ces longs ou courts monologues où raison et sincérité viendront sonner le glas de ces faux-fuyants régisseurs, parant à mes futures dérobades. Je partirai pourtant toujours sans mot dire. Je ne me retournerai pas. Je vivrai avec. Je suis un putain d’égoïste.
L’écoute de Hands de Little Boots peut s’avérer déroutante. Très orienté variété pop, celui-ci est pourtant rempli de belles trouvailles, notamment au niveau de la production. A ce niveau-là, “Stuck On Repeat” s’avère être une formidable escapade dans un grand huit sans forcément de nombreux renversements, mais jouissant d’une qualité dramatique et expansive sans pareil.
Grande réussite synth-pop, “Stuck On Repeat” brille par l’altitude vertigineuse prise par une Little Boots vulnérable comme rarement. On ne sait finalement jamais, s’il s’agit de ce songe élevé ou bien de cette affliction sous-jacente, qui prend le contrôle de ce titre fulgurant, à la fois éblouissance pop, et monolithe technoïde d’une beauté froide irrésistible.
Little Boots l’a bien compris. Seule la qualité ne suffit pas. Hands en est témoin. Les heurts. L’euphorie. L’extase. La résignation. L’humanisme est notre facteur commun.
Nuit. Sombre Nuit. Noire. J’avance. Je marche. Je cours. Les larmes aux vents. Les dents se serrant. J’ai mal. Putain. Un verre. Deux verres. Salut. Salut. Un verre. Deux verres. Tristesse. Euphorie. La musique martèle. La vie se rétracte. Le présent. Oui, le présent. Mes pieds me portent. Mon esprit. Se protège. M’empoisonne. Mon cœur. S’adonne. S’épuise. S’épuise. Surf Solar. Fuck it. Dansons. Sautons. Un verre. Plus fort. Plus fort.
Où es-tu ? Je t’ai cherché toute ma vie. Ta main est si loin.
Au bord. Je marche. La solitude m’effraie. J’ai peur. Putain. Le bruit. Assourdissant. Où es-tu putain ? Soma. Noûs. Corps. Esprit. « Comme tu me vois maintenant, je suis à mon paroxysme, mon esprit noyé dans un corps meurtri. » Je suis à mon paroxysme. Le son. La vie. La mort. Qui est-on ? Qui es-tu ? Regret. Mélancolie. Nostalgie. Qui es-tu ? Je marche. Je saute. La musique. La foi. « Tout n’est qu’une question de perception. Les mots ne sont rien. Ils représentent nos vies. Dès que les mots se révèlent accessoires, c’est qu’à ce moment présent, nos existences sont désormais fortuites. »
Chaque jour, une chanson. Chaque jour, une évasion de quelques minutes. Parce que parfois, j'ai juste envie de partager, de faire défiler ce qui passe entre mes deux oreilles. Ecrire pour délivrer. Ecrire par rédemption. Entre passion et fascination, un idéal. Au bout du chemin, la liberté.
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Les mp3 proposés sont mis temporairement à disposition des internautes qui se seraient aventurés sur ce blog. Le but premier étant bien évidemment de promouvoir la musique et les artistes présentés, en faisant découvrir des fragments musicaux des oeuvres de ces musiciens. Si toutefois, en tant que détenteur des droits, vous souhaiteriez voir l'un des mp3 retiré et supprimé, joignez-moi par mail, et cela sera effectué immédiatement.